Cuba

06/08/2013 16:36

Bonjour a Tous

Et oui, plusieurs mois de silence… mais que de choses à vous raconter.  Tout d abord merci de votre patience… même si j en suis responsable.

J étais resté sur les Tobago Cays, et bien me voila revenue de Cuba, un périple de deux mois et demis qui m a vraiment fait chaud au cœur, et d ailleurs chaud tout court au retour, mais je vous raconterais tout ca rassurez vous.

Je vous écris de la Guadeloupe ou je suis venue passer quelques semaines avant de redescendre vers des cieux plus agréables pour la saison des cyclones.

Donc je suis partie le 27 avril de la Martinique, vers saint martin pour une petite halte avitaillement et mécaniques. Et j ai quitte saint martin le 10 mai en direction de Cuba.

La météo était favorable, un petit vent au portant de 15 nœuds et nous voila en chemin d une route trace de 1200 miles nautique. Apres avoir longe Porto Rico, la république dominicaine, Haïti et le canal de la Jamaïque, nous voila au bout de 9 jours a vue des jardins de la reine, magnifiques iles de Cuba. Nous ne sommes plus qu’a une petite journée de Cienfuegos, dont nous avons décidé la destination car la ville se situe a peut près au milieu de Cuba, ile se déroulant sur près de 1000 kms et donc la possibilité de se poser afin de découvrir cette ile qui tout au long du séjour nous surprendra par sa beauté et son accueil, et parce que c est un des rares ports d entrée sur le territoire Cubain.

 

Voila notre première image de Cuba !  Bienvenue ! et effectivement l accueil sera merveilleux, même si dans un premier temps cela nous paraitra surprenant. Surprenant Pourquoi me direz-vous ? Et bien les gardes cotes nous dirigent directement vers la Marina, ou deux officielles nous attendent pour nous aider à accoster et les premiers mots sont « welcome, please stay in bord, time to make control and paper ».

Apres dix minutes d attente, arrive le docteur qui vient vérifier l état de sante de l équipage, et nous valide un premier document qui nous permet de retirer notre drapeaux jaune. Ensuite arrive une équipe de cinq personnes et deux chiens !! Le responsable de cette équipe nous demande l intégralité des papiers du bateau, d assurances du bateau et personnelle (en effet, si vous  n’avez pas d assurance sante qui vous couvre a Cuba, ils vous délivrent une assurance cubaine pour quelques dollars journaliers afin de vous couvrir en cas de maladie ou d accident !!), clearances de sortie de notre dernier pays, les passeports et divers documents comme permis, Visa ( si vous n avez pas de visa ils le font a votre arrive d ailleurs, ce qui est relativement nouveau). Et les chiens ? Et bien fouille en règle de l intégralité du bateau, de la soute a voile a la calle moteur, en passant par les cabines et les toilettes, sans oublier les placards et les fonds… Pourquoi deux chiens ? Et bien un pour la drogue et un pour les explosifs…

Apres tout ca, arrive le vétérinaire ! Qui vient contrôler la nourriture qu’il y a dans le bateau, les produits frais comme les fruits et légumes, la viande fraiche, les plantes a bord si vous avez, et vous délivre lui aussi un certificat de conformité.

Ensuite arrive les personnes de l immigration, qui vérifient les passeports, établissent et signent les visa, (valable 30 jours renouvelable une fois).  Et immédiatement vous précise qu’il est strictement interdit d accueillir des Cubains à bord, sous peine de très forte amande, et expulsion du territoire.

Les douanes d ailleurs nous précisent que si nous souhaitons naviguer sur la cote, il nous faut un permis de naviguer, valable lui un an !!, et qu’ il est interdit en dehors de certaines iles, d accoster avec l annexe sur les cotes . Que nous devons aller dans des marinas ou les gardes cotes devront contrôler nos permis et remplir ce permis de naviguer au fur et a mesure de nos déplacements, et nous préciseront ou on peut débarquer avec notre annexe. Il s avèrera que sur ce point, autant sur les iles il n y a pas de problème, autant sur la cote, la peur d embarquer des Cubains souhaitant quitter le territoire, rend très limite les visites. Ce qui fera que nous resteront a Cienfuegos une grande partie de notre séjour afin d aller profiter pleinement de Cuba par la voie terrestre. Pour revenir sur la navigation, il y a 16 provinces qui chacune est responsable de ses cotes et donc on fait en fait une sorte de sortie et d entrée simplifiée (uniquement garde cote et immigration pour contrôle des visa).

Donc nous sommes autorise a descendre du bateau et nous foulons le sol Cubain a peine deux heures après notre arrivée, ce qui est en fait très rapide comparé au nombre de « contrôleurs » venue a bord. En tout plus de dix personnes et deux chiens !!

Nous voila donc a Cuba !!! Et la de suite un autre univers se dévoile devant nous. Tout le monde a le sourire, dit bonjour, nous demande d ou nous venons, car si le tourisme est en fait très développé, il n y a pas encore énormément de bateau qui viennent compare aux Antilles !!! Et lorsque nous disons que nous venons de l Europe et que nous avons traverse l atlantique pour venir, même si c e sont des milliers de bateaux qui le font chaque année, pour eux nous sommes des extra terrestres !!! et de suite se lie une conversation et des échanges sur la culture, les raisons du voyage, comment c est ailleurs, etc. Ma surprise sera de voir que beaucoup de personnes parlent français… après recherche, nous découvrons que Cienfuegos a été crée par des français !!! Et que c est une partie de la ville qui est patrimoine de l Unesco !! Nous rencontrerons des gens d ailleurs qui portent des noms français, comme despres, une famille qui nous accueillera pour une après midi autour d un café et nous racontera les origines de leur famille. Avec un certain regret de ne pouvoir aller en France a la fois par manque de finance, mais surtout par les problèmes pour obtenir les visas de voyage.

Cienfuegos est une magnifique ville, dont reste les bâtiments de l époque coloniale et du développement du commerce du sucre, du rhum et des cigares. Mais l embargo que subit Cuba depuis la mise en place du régime communiste, les prive des moyens pour entretenir ce patrimoine national, et seul quelques quartiers sont entretenue.

L activité économique de Cuba tourne autour de l agriculture, du tourisme, du rhum et des cigares, tout le reste ou presque doit être importe, l état n ayant pas les moyens de moderniser les usines, ou développer de nouvelles activités. Pour se faire Cuba a ouvert l autorisation aux entreprises internationale de s installer moyennant une participation étatique majoritaire, mais l investissement intégral par les groupes, comme Nestlé par exemple (avec des produits d excellentes qualités et beaucoup moins chère qu’en Europe). Une société de Charter Française est d ailleurs installe a Cuba, Dream Yacht, qui exerce sous ce principe. Pour le moment il est impossible d acquérir des biens par des étranger, comme immeuble et terrain, afin d éviter la spéculation et la flambe des prix que ne pourrait supporter les Cubains et les priverait de la possibilité d acquérir leur maison. Car oui les Cubains sont pour partie propriétaire de leur maison et peuvent tout a fait les vendre et les acheter. De la propriété prive ? Et oui. En fait depuis quelques années, une catégorie sociale nouvelle est née, appelée ici les nouveaux riches, mais il ne pas été possible de savoir dans quel secteur et de quel manière cette nouvelle classe se développe, dans un pays ou normalement tout est contrôle par l état.

Reste que depuis quelques années le système évolue, et qu’il est possible pour les cubains d avoir des activités privée. Les taxis par exemple avec les voitures américaines des années 50 et 60, considéré comme patrimoine national et interdit à l exportation. Les maisons d hôtes ( appelé Casa Particular) qui vous offre soit le gite, soit le couvert ou encore les deux. Les petits commerces de rue comme les pâtisseries, petit restaurant, marchand ambulant de légumes, fruits, ou produits divers dont parfois on se demande leur provenance.

Il existe deux monnaies a Cuba, le peso Cubain et le peso convertible, appelé aussi CUC, il vaut 1 dollar, et pour 1 CUC vous avez 25 pesos cubain. Pour les touristes c est le CUC qui fait fois, ce qui rend Cuba relativement chère, mais si vous changez des pesos, dans les banques a cet effet, vous pouvez alors avec quelques euros vivre très bien et passer un séjour très économique… Il faut alors discuter avec les Cubains, sortir des rues touristiques et rentrer dans les vies de quartier. Et la on découvre un autre monde, des gens merveilleux, et vraiment un plaisir extraordinaire de passer du temps avec eux. Manger dans ces petits restaurants, avec la cuisine locale faite par les habitants eux même, boire un café pour 10 cts, un ananas pour 20 cts, une langouste pour 3 a 5 euros… bref un autre monde. Seul les produits importés et quelques boissons ne seront possibles de trouver qu’en CUC, car l eau en bouteille, soda et certains jus de fruits en canettes, sont un luxe que seul les touristes ou « riches » cubains peuvent se permettre. Mais vous trouverez chez les particuliers des jus de fruits frais pour quelques peso, franchement délicieux, et le jus frais de canne a sucre, un vrai délice !!! Il est très déconseillé aux touristes de boire l eau du robinet, nous n y sommes pas habitue et serions rapidement malade, d ailleurs nous avons durant notre séjours eut a quelques reprises des petits problèmes gastriques !! Mais rien de bien important.

Apres cette petite parenthèse économique, nous voila arrive a la havane !!! Mais tout d abord que je vous explique notre périple pour y arriver. Comme je vous l ai dit il existe des bus réservés aux cubains, pas le droit de les prendre et pour les touristes des bus , dit viazul, mais relativement chère. En discutant avec les Cubains nous découvrons qu’il existe un autre moyen de transport, les caro particular, bus prives, bus ? Disons plutôt camions transforme en bus, qui prennent les gens le long des routes a des endroits définit, et dont l organisation a chaque point est gérée par des personnes vêtues de jaune, les amarillo. Il nous reste a trouver ces points, afin de nous déplacer et voyager a faible cout. Nous changeront 4 fois de véhicules pour arriver a la havane, a chaque croisement de route principale en fait, mais nous suivrons le flot et on nous arriverons a la havane après 8 heures de transport et d attente. Mais pour seulement 150 peso cubains au lieu des 40 CUC pour le Viazul.

Nous sommes en basse saison touristique, il nous sera très facile de trouver une casa particular libre et discuter le prix pour le faire descendre de moitié afin de nous loger durant notre séjour. Vraiment un accueil chaleureux, agréable, un partage le la vie cubaine, la cuisine, la culture… La havane est pleine de casa particular et nous trouverons sans problème des dizaines d endroit pour nous restaurer, a moindre frais. Nous déplacer dans les bus locaux pour aller visiter la ville, et aller a la plage. Enfin nous avons découvert a quelques kilomètres de la havane une plage de sable blanc, une eau turquoise a plus de 30 degrés, un paradis… nous irons deux fois durant notre séjour pour faire un break de la vie a la havane.

Nous restons deux semaines a la havane, entre visite des quartiers touristiques et des quartiers de vie, et le soir la vie le long de la mer sur les jetées ou viennent les Cubains pour s amuser, faire de la musique, et profiter de la fraicheur du soir. Que de chaleur dans ce peuple qui nous surprend de jour en jour. Le seul regret est de n avoir pas trouve réellement de club de musique Cubaine, les profits touristiques ayant poussé les musiciens à se reconvertir dans des musiques touristiques dans chacun des bars et des restaurant ou ils jouent tous plus ou moins les mêmes morceaux. C est en fait le long des jetées que nous rencontreront des musiciens se faisant plaisir avec des musiques réellement traditionnelles. Mais loin de ce que nous attendions. C est notre seule déception.

Apres la havane, direction Vinales, patrimoine de l Unesco, parc national magnifique de Cuba. Nous y resterons 4 jours. Quatre jours de marche a pieds, dans des sentiers au milieu de montagne, champs cultives avec des bœufs, élevages de toutes sortes, petite rivière ou les baignades nous rafraichisserons d une chaleur lourde et humide a cette saison. Bref quatre jours de pleine nature, ou nous sommes accueilli dans une famille Cubaine ou la maitresse de maison nous surprendra par ses talents culinaires et les petits déjeunés copieux avec des jus de fruits frais, des fruits justes cueillis, qui nous permettent de tenir jusqu’ au soir sans problèmes !!! Et c est moi qui dis ca !!! Imaginez !!

Lors d une journée, le temps est a l orage, et le ciel commence a se noircir et tonne, quand nous sommes interpellé par une femme devant sa maison, qui nous demande de venir. Nous avançons alors jusqu’ a sa demeure, petite maison locale au milieu des champs. Elle nous invite a nous assoir et nous explique qu’il est très imprudent de continuer, qu’il faut attendre que l orage passe, car deux ans auparavant des touristes ont été foudroyé lors d un orage a quelques kilomètres de la !! D’ailleurs, sont mari et son fils arrivent quelques minutes pour se mettre a l abri également et nous passons une heure ensemble, simple mais très chaleureuse. C est aussi ca Cuba c est surtout ca Cuba, des gens très prévoyant et la porte ouverte pour toute circonstance. Nous le constaterons également le derniers jours de notre séjours a Vinales, alors que nous rentrons de notre randonné il se mets a pleuvoir. Nous nous abritons comme nous pouvons quand un homme nous demande de venir sur son perron nous abriter. Il nous apporte des fauteuils et nous passerons une demi-heure à l abri de cet averse qui inondera la route durant plusieurs minutes. Et nous reprendrons notre après une nouvelles fois une rencontre très agréable.

Nous sommes de retour a Cienfuegos, nous commençons a nous préparer pour partir vers les iles de Cayo Largo, magnifique archipel a Cuba. Nous faisons nos papiers et décollons pour une petite journée de navigation. Arrive aux portes de l archipel, je dois être extrêmement attentif aux fond qui vont de 4 a 2,5 m, mon tirant d eau étant plus ou moins 2,5m, vous comprendrez mon inquiétude. Mais en entrant dans l archipel je découvre des balises marquant un petit chenal, non signale sur les cartes, trace part les autorités pour que de petit cargos puissent venir avitailler l ile, totalement dévoué au tourisme, et exclusivement au tourisme. Je suis donc ce chenal pour arriver dans une magnifique marina ( nos tentatives pour aller se mettre au mouillage seront vaine, car les eaux ne dépassent que rarement deux mètres !!! c est alors en annexe que nous irons découvrir l archipel, et la que de plaisir, des plages désertiques de sable blanc, une nature magnifique, une eau d une limpidité extraordinaire, chaude, des plonges au tuba pour découvrir la faune sous marine… Bref un paradis sur terre. Mais juillet approche et il faut penser a repartir, d autant que la météo depuis quelques jours commence a faire des siennes.

Nous décidons donc de partir le 1 juillet, la première journée de navigation est houleuse, nous nous arrêtons aux jardins de la reine, mais le temps est gris et a la pluie. Apres une journée de repos nous décidons enfin de partir en direction de la république dominicaine. Mais voila, ce ne sera pas notre destination finale, la météo en décidera autrement. En cinq jours, nous voila dans le canal de la Jamaïque a tirer des bords, en effet nous naviguons a présent au près, par 25 nœuds de vent, un vent qui tourne en permanence, je n ai plus d autopilote, donc le Stop de la république dominicaine est important.

Je décide de reprendre la météo, comme tous les 5 jours, et la !! je vois une énorme tache rouge… une grosse tempête tropicale arrive avec des vents annonces a 60 nœuds ( j apprendrai en arrivant en Martinique que son nom était Chantal, et qu’ elle a cause quelques soucis), quand on connait les fichiers grib on en rajoute toujours, donc décision est prise de piquer sud sud-est pour s enfuir de ce « merdier ».

Nous éviterons ainsi le gros de la tempête, non sans avoir durant plusieurs jours des vents de 35 a 45 nœuds au près… et ensuite et bien changement de destination et retour a … La Martinique, que nous atteignions après 16 jours de mer, 16 jours contre les courants et le vent, 16 jours éprouvant, avec des vents très rarement en dessous de 25 nœuds, et un bateau qui a cause des courant accuse des vitesses parfois de 8 nœuds et parfois de 4 nœuds sans rien changer au réglage et au vent !!! Les courants sont important, je décide donc de prendre ma carte de courant et je changerais de bord aussi en fonction d eux… Bref après 18 jours en tout, depuis le départ de Cayo Largo, nous voici en Martinique, au petit matin, ou nous nous empressons de nous poser, faire la clearance et manger un pain au chocolat !!! Avant d aller faire une grosse sieste, et d entamer les réparations et entretiens du bateau qui a mené une nouvelle fois a bon port. Merci TAMALA.

Votre dévoué, mais pas trop.